Histoire: L’histoire se passe en Transylvanie, il y a de cela, cinq cent quatre-vingt longues et interminables années. Un soir, une jeune femme Ecaterina, se promenait dans les ruines d’un village transylvanien qui avait subit le carnage d’une meute de vampires. Après quelques heures de marche, elle arriva aux murs d’enceinte d’un château en ruine. Elle monta le long escalier et arriva aux grandes portes. Celles-ci s’ouvrirent d’elles-mêmes, laissant entrevoir un long chemin caillouteux et accidenté, jonché de ruines de pierres, de vieux débris d’arbres. Au loin se dressait le château principal. Le ciel était sombre comme à son habitude, l’éclat blafard de la lune peinait à transpercer l’épaisse couverture nuageuse.
Ecaterina arriva enfin aux portes du château principal, après avoir passé le vieux chemin. Elle s’aventura à l’intérieur de celui-ci, et regarda autour d’elle, Ecaterina se trouvait dans le grand hall. Dans celui-ci, se dressait de chaque côté une rangée d’armures rouillées, armées de lances, de gourdins ou même d’épées. Devant elle se dressait un grand escalier recouvert d’un tapis rouge poussiéreux. Au sommet de cet escalier, se dressait une silhouette masculine. Ecaterina sursauta en la voyant. Elle tenta de décrire le physique du jeune homme. Il devait être grand, dans les 1m80. Elle ne voyait pas son visage, ni la couleur de ses cheveux, il faisait trop sombre. Elle pensait que ces lieux étaient inhabités depuis des décennies. L’homme commença à descendre lentement les marches une à une.
Un rayon de lune traversa une brèche dans le toit du château et éclaira le visage de l’individu. Le rayon révéla une peau pâle comme la mort, des yeux sombres en amande, des cheveux mi-longs d’un noir de jais, une fine bouche. Il était grand, comme elle avait réussit à deviner, il était aussi svelte. Quand il fut au pied de l’escalier, il s’avança lentement vers Ecaterina. Celle-ci recula au départ mais s’arrêta net. L’homme la fixait d’un regard sombre et ténébreux. Il venait d’utiliser un des ses pouvoirs vampirique, l’hypnose. Ecaterina ne bougeait plus, elle était sous son contrôle total. Maintenant, il était devant elle, il lui prit le menton et plongea encore son regard dans le sien pendant quelques secondes. Il se mit derrière, lui passa ses mains autour de la taille, posa son menton sur l’épaule d’Ecaterina, ferma les yeux et lui murmura son nom à l’oreille. Il s’appelait Demian, Demian Jerevinian.
Il continua de lui murmurer des choses sur lui, il lui dévoila qu’il était né en Allemagne, il y a un peu plus de 200 ans, qu’il avait parcourut le monde en répandant des morts sur son passage. Une expression d’effrois commençait à se dessiner sur le visage d’Ecaterina. Mais elle ne pouvait pas bouger, tant elle était encore sous le contrôle de Demian. Elle se demandait ce qu’il lui voulait. Certes elle se disait qu’elle n’aurait pas dû pénétrer en ces lieux, car cet homme devait en être le propriétaire. La voix masculine s’était encore faite entendre au creux de l’oreille de la jeune femme. Cette voix lui murmurait ô combien sa beauté semblait irréelle pour une humaine, que sa voix était douce comme celle d’un ange, la seule fois où elle avait pu laisser sortir quelques mots.
Celui-ci poussa les cheveux de la jeune femme, lui caressa le côté de son cou, il dévoila ses canines blanches, luisantes et pointues et les planta dans son cou. Ecaterina ressentit un petit picotement le long de sa veine carotidienne, elle sentait que son sang se faisait aspirer hors de son corps. Sa vision se brouilla, sa force commençait à l’abandonner petit à petit, ses jambes se dérobèrent sous son poids et elle tomba dans l’inconscience. Son destin était scellé à jamais. Quelques jours plus tard, elle se réveilla dans un lit aux draps de soie rouge écarlate. Elle était seule dans cette grande chambre. Elle se leva et alla se regarder dans une glace. Elle recula de peur en ne voyant pas son reflet dans le miroir.
Elle se précipita vers la fenêtre et ouvrit les rideaux. Le jour était levé, mais aucun rayon de soleil. Elle hurla de douleur et referma immédiatement les rideaux. Heureusement pour elle, la courte exposition au jour, n’avait eu pas raison d’elle. Ecaterina avait de légères marques de brûlures. A ce moment-là, sa conscience de vampire prit définitivement le dessus. Elle sortit de la chambre d’un pas nonchalant, descendit les escaliers car la chambre se trouvait à l’étage. Elle descendit ensuite vers la crypte. Lorsqu’elle y arriva, la chambre funéraire était baignée d’une lumière tamisée que produisaient les bougies.
Le cercueil s’ouvrit, et Demian en sortit. Oui, un cercueil, comme dans les légendes racontées par les humains. Ecaterina s’avança vers lui comme si une force invisible les attirait l’un vers l’autre. Cette force était en fait, le lien entre le maître vampire et son « infant ». Il mit une main sur le menton de la jeune femme, ferma les yeux et posa ses lèvres sur celles de Ecaterina. Ainsi, un pacte fut scellé entre Demian et Ecaterina. Ils sortirent lorsque la nuit fût tombée, ils allèrent sur la falaise et contemplèrent le reflet de la lumière blafarde de la lune sur l’eau sombre du lac, prisonnier entre de petites montagnes, le ciel était plus dégagé que la fois précédente. Le pacte conclut, ils décidèrent de voyager dans le monde pour répandre la mort, la terreur et le désespoir parmi les humains sur tous les continents, tous les deux ensembles. Ils commencèrent par la Russie, ils tuèrent un bon nombre d’humains à Moscou, ils firent une petite excursion en Sibérie, puis se dirigèrent vers l’Allemagne. Revoir Berlin, rendait Demian nostalgique.
Il fit visiter la ville par la même occasion à Ecaterina, tout en s’abreuvant du sang de malheureux humains qui vivaient dehors comme des sans-abri. Ils engendrèrent quelques vampires sur leur passage, ils sélectionnaient des hommes et des femmes qui étaient fort physiquement. Ceux qui s’accrochaient à la vis du mieux qu’ils pouvaient étaient les préférés d’Ecaterina, elle prenait un malin plaisir à les transformer. Puis ils traversèrent l’Océan Atlantique et se rendirent au Canada, puis aux Etats-Unis. Ils allaient dans les plus grandes villes de ces pays, car c’était là qu’était concentré le plus d’humains possible. Ils descendirent jusqu’en Argentine ou même à Terre-Neuve. Ils firent un rapide passage en Afrique, mais ils étaient déçus, car ils ne trouvaient pas de repas digne de ce nom sur ce continent. Les humains y étaient pauvres, mal nourrit. Ils allèrent tout de même en Egypte pour transformer quelques nobles en vampire, et se dirigèrent ensuite vers l’Australie, à Melbourne. Las de leurs voyages, ils s’installèrent pendant quelques temps sur ce continent, transformant la moindre de leur victime en créature de la nuit.
Une nuit, ils tombèrent sur un groupe de tueurs. Ils étaient beaucoup trop nombreux, même pour un maître vampire et son infant. Les combats s’enchaînèrent pendant la longue nuit qui se déroula. Beaucoup de tueurs perdirent la vie, mais les deux vampires commençaient à fatiguer. Il ne restait plus que cinq chasseurs de vampires. Demian éjecta Ecaterina de la zone de combat pour qu’elle puisse s’enfuir. Mais celle-ci ne voulait pas laisser son maître aux mains de l’ennemi. Mais Demian lui cria de s’enfuir. Elle le fit à contre cœur. Elle se dirigea alors vers le Royaume-Uni et décida d’aller à Londres. Elle y resta un moment puis finit par errer de ville en ville, de pays en pays et de continent en continent. On ne sait pas vraiment ce qu’elle est devenue, aux dernières nouvelles, elle s’était dirigée une nouvelle fois au Canada, là où elle se sentait à l’aise. Là elle rencontra un vampire fort sympathique qui s’était épris d’elle à la seconde où il l’avait vue. L’esprit d’Ecaterina était encore envahit par les souvenirs de la mort de son maître.
Les jours où elle passait à dormir dans la chambre que lui avait indiquée son nouveau « compagnon » étaient difficiles. Raphael, car c’était là son prénom tentait de le lui faire oublier par tous les moyens, cependant il avait bien du mal, comme si Ecaterina ne voulait pas oublier celui qui fût, son maître et son amant l’espace de quelques décennies. Peine perdue sans doute, mais il gardait espoir.
C’est seulement au bout de quelques années que la jeune femme consentit à oublier Demian. Mais elle ne voulait plus quitter ce pays où elle avait élu domicile, elle ne voulait pas retourner là où elle avait perdu son maître, son cher et tendre. Ecaterina jouait la comédie avec Raphael, elle y prenait un malin plaisir, et ce dernier ne voyait rien. La jeune femme n’aimait en aucune manière cet homme qui voulait tant remplacer. Il aurait alors le même sort, mais sensiblement différent. Demian était tombé sous les coups d’humain chassant des vampires, Raphael tomberait par la main de la roumaine.
Alors un soir, elle le pria de rester à ses côté pour la nuit, chose qu’elle avait toujours quasiment refusé, sauf quelques rares fois car elle en ressentait le besoin. Mais ce soir, cette nuit, serait la dernière. Désormais elle voulait être seule, ne plus dépendre de lui pour X raison.
Connaissez-vous le système des « confidences sur l’oreiller » ? Celui dont les femmes s’en étaient servies dans l’histoire pour soutirer des informations capitales après une nuit passée au lit. Elles cachaient une arme sous leur oreiller et dès qu’elles avaient ce qu’elles devaient obtenir, elles supprimaient l’homme en question avec une arme à feu, un poignard ou encore du poison. Et bien Ecaterina s’en était également servi, mais non pas pour soutirer une quelconque information. Non, simplement pour le supprimer. Après une nuit d’ébat, un pieu fut planté dans le cœur de Raphael qui ne s’y attendait pas le moins du monde. Il fut donc plongé en léthargie profonde. Ecaterina prit plaisir alors, à le transporter sur le toit du manoir appartenant au vampire. Une plateforme en métal reposait au sommet, des chaînes y étaient soudées.
La jeune femme l’y avait placé, fermant avec assurance les fers aux poignets, aux chevilles, au cou et à la taille de l’homme, enlevant le pieu qu’elle avait enfoncé dans son cœur, Raphael se réveilla, demandant alors à Ecaterina se qui se passait. Le sourire aux lèvres, la jeune femme l’observait, un air triomphant inscrit sur ses traits. Il avait été si…naïf… elle l’avait mené par le bout du nez, comme un petit toutou. Un regard de côté, le soleil ne tarderai pas à darder de ses rayons, encore quelques heures et tout serait terminé. Lui aussi, le voyait. Il voyait le jour se lever, Ô oui il avait peur, si peur… il réalisait enfin qu’il s’était complètement trompé sur la douce et tendre Ecaterina. Il avait peur de ce qu’elle allait faire, le laisser en proie aux rayons destructeurs du soleil. Un sourire carnassier sur les lèvres, elle s’approcha de lui, lui susurrant quelques mots au creux de l’oreille, lui disait qu’il avait fait une grave erreur en lui demandant d’oublier, d’oublier son maître, d’oublier celui qui avait été son amant pendant si longtemps…
Rancunière, elle est rancunière notre chère Ecaterina. Il en paierait le prix fort, le pauvre… Alors que le jour se levait, en compagnie du soleil, Ecaterina posa une dernière fois son regard sur l’homme qui avait voulut remplacer un homme dans ce qui restait du cœur de la demoiselle, une gangue noire. Peut-être que tout ceci ne serait que futilité aux yeux de quelqu’un d’autre, le fait de vouloir remplacer la personne que vous avez tant aimée. Seulement, Ecaterina n’est peut-être plus vraiment saine d’esprit depuis la mort de Demian. Raphael avait beau lui hurler que tout ceci pouvait être changé, qu’il n’essaierait plus de le remplacer, mais la jeune femme n’écoutait déjà plus. Se dirigeant vers la porte par laquelle elle était entrée, elle lança derrière son épaules que les excuses n’avaient pas leur place en cet instant, et que la seule chose qu’elle voulait entendre, étaient ses cris de longue agonie sous la caresse tortueuse des rayons du soleil.
La porte se referma, alors que les rayons du soleil gagnaient du terrain sur la grande terrasse du toit du manoir. Puis des cris retentirent. S’adossant à la porte, les mains jointes derrière le dos, le menton levé, un sourire sur les lèvres et les yeux clos, elle savourait les cris qui composaient une douce mélodie à ses oreilles.
Après cela, elle s’appropria tous les biens du défunt Raphael. Le manoir, et tout ce qui se trouvait à l’intérieur, de même que des toiles peintes par ce dernier. On dit que les toiles d’un peintre décédé étaient très prisées, Ecaterina avait l’idée de voir si cette idée était fondée ou non. Tout en visitant les moindres recoins du manoir, elle trouva la chambre, de Raphael. Oh certes elle savait avec exactitude où elle se trouvait, mais elle avait eu envie de flâner un peu partout comme à son habitude. A l’intérieur de la pièce, sur une petite table en bois vernis et au pied sculpté, reposait un petit prospectus, qui parlait d’une célèbre galerie londonienne qui recueillait de nombreuses œuvres de peintres vivants ou morts.
Un sourire peignit ses lèvres rouges. Voilà qui était intéressant. Quelques jours plus tard, toutes les toiles peintes par Raphael furent entreposées dans un container en partance pour Londres. Ecaterina embarqua dans un paquebot avec d’autres personnes qui allaient faire une excursion en Europe. Arrivée à Londres, le container fut acheminé jusqu’au musée.
Ecaterina avait rejoint ensuite la petite propriété qui appartenait à Demian lorsqu’il était encore là. La demeure était désespérément vide, et Ecaterina désespérément seule. Elle aurait aimé un compagnon, enfin pas un de ces immortels comme elle, mais un humain. Quel soudain désir n’est-ce pas ? Désir ou caprice ? Difficile de le dire avec certitude. Une demi-vie s’était emparée de son corps lorsque son destin fut scellé par les canines de Demian en son cou. Mais elle voulait être avec un humain, un mortel au cœur battant, à la peau chaude, au sang délicieux, mais il ne serait pas une victime, du moins si elle trouve cet humain qui lui conviendrait en tous points et qui ne serait pas ennuyeux, qu’elle n’aurait pas envie de le supprimer. Peut-être que cet humain existe quelque part ? Ou peut-être est-ce trop demandé ? Il faut dire qu’elle a l’éternité devant elle pour le trouver. Et oui, c’est une nouvelle lubie